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vendredi 3 octobre 2025

La France et ses valeurs

Ce post a initialement été publié le 26 mars 2020 pendant le premier confinement. Actualisé ce jour avec de nouveau titres.


Quelques liens plus ou moins intéressants selon que l'on aime ou non la chanson française. Les chansons suivantes éclairent et utilisent les enjeux de la devise républicaine : Liberté, égalité, fraternité.
- La "chanson parfaite" d'Alain Souchon (album Ultra Moderne Solitude") ; ICI ("Ce serait une chanson parfaite, un truc profond, pour tous les gens de la planète, mettons...")
-  Le groupe La belle Bleue propose une réflexion très second degré avec "le Triptyque", dans son dernier album Le Refuge.  ICI (A mort la fraternité, l'égalité est perdue d'avance, pourquoi courir après? la liberté un bel idéal mais trop dangereux pour n'être que rêvé...")
Des chansons plus connues évoquent aussi les valeurs de la France :
"Ma France" de Jean Ferrat est clairement une chanson engagée à gauche et peut se lire comme une interprétation communiste du modèle français.  à écouter ICI ("Cet air de liberté au-delà des frontières"...)
- Lui fait écho le rap de Diam's, "Ma France à moi", qui montre les limites de l'intégration et l'exclusion de nombreuses franges de la société. ICI Mais elle rappelle la nécessité du mélange et de la fraternité.
De même le groupe Zebda a multiplié les chansons sur les limites du modèle Républicain : Un je ne sais quoi  a pour thème les difficultés que rencontrent certains enfants d'immigrés pour s'intégrer à l'école. 
-  "Douce France" de Charles Trenet évoque un pays heureux et insouciant. Repris par le groupe Carte de Séjour du regretté Rachid Taha dans une version rock : ICI.
Mais "Ma France" c'est une thématique dont chacun peut s'emparer et nombreux sont les autres auteurs à s'inspirer du modèle ou des défauts du pays.
La chanson "Hexagone" de Renaud est sans doute la critique la plus acerbe et permet bien de comprendre l'état d'esprit d'une partie de la jeunesse au cours des années 1970 : ICI. C'est le modèle dont s'inspire Raphaël pour dresser un  sombre tableau de la France et des français : Le Patriote.. Orelsan reprend cette critique dans son titre L'odeur de l'essence. 
- Déjà dans les années 1950, Boris Vian avait signé une chanson éminemment contestatrice, Le Déserteur. Cette lettre adressée au Président de la République a été chantée par Mouloudji et Reggiani et sert de modèle à Renaud en 1983 pour chanter Déserteur et plus récemment à Gauvain Sers : ICI
Fils de France de Saez (" nous sommes, nous sommes la nation des Lumières nous sommes la nation des différences"), la Sentinelle de Luke évoquent le 21 avril 2002.
 Un jour en France de Noir Désir, évoquait dès 1996 la montée de l'extrême droite en France. (Merci à A-C de m'avoir corrigé sur le sujet! lire les commentaires...)
Une critique radicale de la France coloniale par Kery James permet de questionner le passé colonial, la responsabilité républicaine dans un racisme pas toujours éteint. ICI
Inversement le rappeur Abd Al Malik réinterprète la Marseillaise dans un moment de crise de la République. 
Enfin il faut réécouter Georges Brassens s'opposer à l'engagement dans les causes collectives dans sa chanson  Mourir pour des idées. Elle questionne le fait de penser avoir raison et de se battre pour une cause : à méditer.... 
Suite à la suggestion d'une élève je poste le lien sur le titre de Bigflo et Oli.  Ce titre est  à mon sens une évidence. Merci pour la suggestion : Sacré Bordel 
Un article, ici, permet de retrouver certaines de ces chansons et bien d'autres encore!

samedi 14 octobre 2023

Assassinés

Hier, mon collègue Dominique Bernard a été assassiné pour s'être interposé face à un tueur qui cherchait, semble-t-il, un prof d'Histoire-géo (J'emploie ici le conditionnel). Il y a deux ans j'écrivais ceci, à propos de l'assassinat de Samuel Paty. 

"Un collègue est mort assassiné d'avoir voulu enseigner. C'était son métier et son devoir : enseigner l'esprit critique à travers un document, la caricature. 

La nature même du document invite à la réflexion : « charge d'une façon exagérée » (du verbe italien caricare, venu du latin carricare : charger, lester un char de poids), par extension « en rajouter » 

Pour être clair charger la mûle! 

On sait, ou l'on doit savoir, quand on voit une caricature, qu'elle est déformation, exagération et non manifestation de vérité. Même si certaines vérités peuvent se glisser sous l'angle de nos réactions. Et notre société l'autorise. Le blasphème n'est blasphème que pour le croyant. L'incroyant, l'autre croyant, ne peut voir de blasphème là où n'est pas son dieu. Il peut Le concevoir et il peut aussi assumer de blasphémer. 

L'enseignant se doit d'enseigner.  Personnellement je montre ces documents  en lien avec la liberté d'expression. Et aussi la liberté de croire de chacun et la respectabilité des croyances. C'est ma manière d'équilibrer les choses : le droit au foulard des parents accompagnateurs (par exemple) et le droit à caricaturer le prophète. 

C'est l'enjeu de la laïcité : un triangle simple et fragile, équilatéral: 

Premier côté  : la liberté de conscience (croyances et incroyance).

Deuxième côté : l'égalité des postures ainsi nées de cette liberté.

Troisième côté :  la neutralité nécessaire de l'Etat qui en découle. 

Nous continuerons à montrer les caricatures. Nous continuerons à enseigner l'importance du fait religieux dans l'histoire des civilisations. Nous continuerons à rester neutres. Libres; égaux; neutres." 

Parce que fonctionnaires d'un état laïc, les enseignants sont devenus des cibles. Doivent-ils se résoudre à ne plus enseigner la laïcité? Doit-on modifier la doctrine de l'Etat laïc? Bien sûr que non. Mais ils ne peuvent être les victimes sacrifiées d'un gouvernement qui agite les manches et hausse la voix mais ne fait rien. Où est l'argent de la lutte contre la radicalisation? Concrètement que fait-on à part des rondes avec des voitures ciglées "Vigipirate" sans aucun effet?

mardi 21 juin 2022

majorité absolue

 Les résultats des élections législatives ont donc conduits à une majorité relative. Il y a 577 députés à l'Assemblée. La majorité absolue c'est donc 577/2 +1 = 289. Pour une fois (ce n'est pas très fréquent mais c'est déjà arrivé en 1959 et en 1988) le parti majoritaire n'a pas de majorité absolue. Il va falloir écouter les opposants, négocier des majorités au cas par cas... Ou dissoudre  l'Assemblée si cela ne marche pas. 

En attendant les députés vont s'unir en "groupes politiques parlementaires" en fonction de leur appartenance. Il faut 15 députés pour composer un groupe politique.


Pour en savoir plus : https://www.assemblee-nationale.fr/

Chacun a son explication à la situation actuelle et loin de moi de vouloir en imposer une. Mais certains problèmes sont tout de même saillants. Une chanson illustre la situation  actuelle du point de vue d'une voix qui n'est pas celle d 'un soutien au Président : Gauvain Sers :  https://www.youtube.com/watch?v=HB9fvp1yRsI

Cela fait écho à une tradition, la chanson du déserteur. Version originale de Boris Vian : 

https://www.youtube.com/watch?v=gjndTXyk3mw

Il l'avait composée pour Mouloudji qui pour contourner la censure en changea le premier vers. Ici : https://www.youtube.com/watch?v=fM8D0H3RiRo

Renaud a repris la tradition : Ici : https://www.youtube.com/watch?v=slxl2FkpDIE

Voilà!

samedi 16 octobre 2021

Mon pays...

 Une chanson extraordinaire pour faire pièce au cours de troisième d'EMC mené hier sur la conception de la nation. Mon pays de Gilles Vigneault ici en concert avec Félix Leclerc et Robert Charlebois. Grand moment. 

Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver

Mon jardin, ce n'est pas un jardin, c'est la plaine
Mon chemin, ce n'est pas un chemin, c'est la neige
Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
Dans la blanche cérémonie
Où la neige au vent se marie
Dans ce pays de poudrerie
Mon père a fait bâtir maison
Et je m'en vais être fidèle
À sa manière, à son modèle
La chambre d'amis sera telle
Qu'on viendra des autres saisons
Pour se bâtir à côté d'elle
Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
Mon refrain, ce n'est pas un refrain, c'est rafale
Ma maison, ce n'est pas ma maison, c'est froidure
Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
De ce grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
À tous les hommes de la terre
Ma maison, c'est votre maison
Entre ses quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
À préparer le feu, la place
Pour les humains de l'horizon
Et les humains sont de ma race
Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
Mon jardin, ce n'est pas un jardin, c'est la plaine
Mon chemin, ce n'est pas un chemin, c'est la neige
Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'envers
D'un pays qui n'était ni pays ni patrie
Ma chanson, ce n'est pas ma chanson, c'est ma vie
C'est pour toi que je veux posséder mes hivers

Déportés par Vichy.






 Il est navrant d'entendre, sans répartie claire,  en 2021, que Vichy aurait protégé les Juifs français de la déportation. Si 75% des juifs français ont échappé à la déportation cela ne relève pas d'une politique du régime mais de bien d'autres facteurs.

Voici l'histoire de David Blaszka, déporté clamartois. David est né à Paris (France) dans le 12e, en mai 1923. Il est français, fils de polonais émigré, mais français par la loi. La famille Blaszka est tellement bien intégrée en France que les parents et enfants nés en Pologne sont naturalisés en 1928. Ils se sentent tellement français que dans les recensements leurs prénoms sont francisés. David est clamartois. Son père tient une cordonnerie au bas de la rue Hébert, au numéro 15. 

Le 18 février 1943, David Blaszka est mort à Auschwitz dans le pays de ses parents, pays qu'il n'avait jamais connu auparavant. Sa mort n'est pas un accident, ni un suicide, ni un hasard. 

Il est arrivé là par le convoi n°48, parti de  Drancy (France) le 13 février. Il a été arrêté dans la rafle du 26 octobre 1942 menée par la police française, puis interné à Drancy. Dans ce convoi, David n'était pas seul bien sûr. Il y a avait son frère Léon, français par naturalisation puis dénaturalisé par décret de Vichy. Voilà comment on fait des juifs étrangers... 

Auparavant, le cousin de David, Simon, né en France en 1935, français  donc,  a été déporté par le convoi n°23 et est assassiné le 29 août 1942 : il n'avait pas encore fêté son septième anniversaire... Ses soeurs Suzanne, Nadine, Rachel ont été déportées  et assassinées également. Un autre cousin, Léon, né en 1928 en France, français donc, est parti en 1944 par le convoi n°68 et n'est pas revenu. 

Les cas de David, Simon et Léon Blaszka ne sont pas des cas isolés. Il suffit de se renseigner : les sources sont multiples, les documents accessibles. Je joins ici la carte interactive des enfants Juifs déportés...(Les enfants y sont listés par lieu d'arrestation, non par lieu de domicile, d'où les écarts apparents avec mes informations; de même certains prénoms sont différents selon qu'ils tiennent compte de la francisation, qui est déclarative et non officielle). 

La France de Vichy a été complice de la déportation des Juifs, français ou non, et le président Chirac l'a solennellement reconnu il y a longtemps maintenant, le 16 juillet 1995. 

Depuis février 1993, le 16 juillet est la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux « Justes » de France.

jeudi 6 mai 2021

Fake news : vieux comme le monde.

Une histoire intéressante sur un faux site archéologique. Fabriquer des fake news est très ancien. Ici un exemple du 20e siècle : un faux site archéologique pour prouver une fausse idée; la falsification de l'histoire a des intérêts... 

Lire ici et là.